Cela
fait déjà quelques années quon voit réapparaître
tous les mois notre Arthur national et sa verve légendaire.
Et comme, sur TF1, une émission qui marche cest une émission
qui dure nous voilà vendredi soir ! On a toujours mieux
à faire une veille de week-end, me direz-vous, mais en fait,
parfois non. Alors on se retrouve devant Les enfants de la télé
Le concept est simple : des invités autour dune table,
discutent comme de bons copains de tout et de rien, et regardent les
images de vieilles émissions de télévision. Et
comme aux Enfants de la télé on aime bien rigoler, ces
images sont aussi celles des invités : des rétrospectives
de leurs débuts à la télévision, leur
prestation dans une publicité ringarde, une émission
des années 70, un casting catastrophique Bref, chaque
invité a droit à un petit flash-back, quil subit
en rougissant mais en sesclaffant quand même. Jusque-là,
même si, je vous laccorde, ce nest pas de la grande
culture, lidée est plutôt conviviale et sympathique.
Seulement voilà, au-delà des séquences sur les
invités, comme il ny a pas vraiment de fil conducteur,
les images senchaînent les unes après les autres,
sans rapport apparent. Comme une sorte de Vidéogag, mis en
scène et commenté (exemple type : laffligeant
bêtisier des animaux ).
Et puis, on commence à comprendre avec les interviews des invités.
Ne croyez pas quils soient là par hasard Ils ont
tous quelque chose à vendre : un nouvel album, un spectacle,
un film Mais ça, cest de la culture alors ? Et
non, toujours pas : entre les séquences, Arthur enchaîne
les interviews, montre les bande-annonces, pochette de disques
sans analyse, sans explications, sans débat. Cest de
la vraie promo, lourde, même pas déguisée, et
tout ça avec le sourire. On a limpression dassister
à un gigantesque intermède publicitaire. Surtout quen
plus, il y a les coupures de publicité, les vraies, évidemment.
Et ça dure : presque une émission dans lémission.
Avec un peu de chance, on peut même tomber sur le spot du CD
de linvité du jour. La boucle est bouclée. Et
ça marche, vu le nombre dannonceurs.
Enfin, le plus difficile à supporter, ce sont les applaudissements.
Comme cest une émission de divertissement, on rit, on
est content donc on applaudit. Cest fou ce quon applaudit,
le public narrête pas (à peu près toutes
les deux minutes, jai compté). Et sil reste trop
longtemps sans applaudir, Arthur le relance Cest dailleurs
une tendance des émissions actuelles, il faut bien le dire.