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     Vu à La TéLé
 
LA SOIREE DES ENFOIRES 2002
 Enregistré le 21 janvier 2002
au Dôme de Marseille
 Diffusé le 22 février 2002 sur TF1
Chronique du 12 mars 2002
Tous sur le même bateau, gare au naufrage !

L’année dernière, pour leurs 15 ans, les Enfoirés avaient réussi une belle soirée où l’émotion, autant que la fête, était au rendez-vous, comme l’a montré le titre de clôture (Le pouvoir des fleurs, repris cette année en ouverture…). On se demandait ce que Muriel Robin et sa bande allaient bien pouvoir nous concocter pour cette seizième édition…

Pour une fois, l’émission a été enregistrée non pas dans la capitale, mais lors de la tournée, à Marseille, et le spectacle possède un fil conducteur, comme l’indique son nom : Tous sur le même bateau. Le décor est en effet un navire, et celui-ci nous entraîne au bout de la nuit, bravant les ouragans du port d’Amsterdam à Belle-île en Mer. La mise en scène est plutôt réussie et tous les moyens sont là, ce qui est d’ailleurs gênant pour une opération caritative, mais le règne de l’audimat reste ce qu’il est (TF1 aussi…).

Ce fil conducteur aurait pu être une bonne idée, mais le choix des titres est curieux car si certains sont tout à fait en cohérence (Le France, les Marchés de Provence), d’autres tombent un peu comme un cheveu dans la soupe (ou dans l’océan) à l’instar de We will rock you ou Ces soirées-là.

Les artistes sont prestigieux : on retrouve les habitués (Goldman, Obispo, Foly, Laroque, Palmade, Elsa, Zazie…) et des petits nouveaux (Titoff - on n’est pas à Marseille pour rien -, Bauer… et même Lorie - qui semble bien copine avec Roch Voisine mais ceci ne nous regarde pas…). Les gros vendeurs de disque du moment (Solar, De Palmas, Bruel) côtoient les naufragés du désert (Lama, Lara), et pourtant tous semblent s’amuser comme des fous. Ségara joue la Lolita, Noah tombe la chemise…

Malheureusement, nous, on s’amuse moins. Si les artistes font bien partie du bateau, il semble que nous n’y soyons pas invités. La grande messe des Enfoirés ressemble à une soirée VIP où l’on se sent finalement étranger, mal à l’aise. Le souci de se mettre en valeur l’emporte sur l’émotion, les artistes rament en douleur (vive les prompteurs et les chœurs) et l’on ne peut s’empêcher de penser au business qui se trame derrière tout ça, en coulisses...

Certes, quelques passages sont réussis : On va pas changer le monde avec Le forestier, ou encore Rêver, la chanson finale, mais tout de même, le bateau évite de peu les icebergs et devrait, à l’avenir, préférer les langueurs océanes aux croisières tape à l’œil. Mais bon, on compte sur vous, non ? C’est le principal…


Morgan Lavielle
© Jowebzine.com - Mars 2002
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