L’ETE
DE LA TELE 1re partie : les Merguez cramées
Chronique du 30 août 2005
Entre
le barbecue, la plage, la piscine, le bal des pompiers, les
feux d’artifices et les mariages des copains, la télévision
trouve une place plus que limitée durant la période
estivale ! Mais en deux mois de petit écran, il s’en
passe des trucs… Une trilogie de chroniques était
même nécessaire. Cette semaine, le premier épisode,
les merguez cramées de l’été…
Souvenez-vous, c’étaient les grandes vacances et
nos mères avaient parfois bien raison de nous éjecter
du canapé en velours marron en nous signifiant, agacées
: "T’as pas autre chose à foutre que d’être
vissé le cul devant la télé alors qu’il
fait super beau et que ça te ferait du bien de prendre
un peu de couleurs ? En septembre, tu vas moins rigoler !".
Nous nous exécutions alors, en enfilant un short, des
méduses bleues et un débardeur "Hawai to
the beach" et allions rejoindre les autres gamins du quartier
qui auraient bien, tout comme nous, regardé la suite
du Tour de France où Bernard Hinault caracolait en tête.
C’est inquiétant comme, avec le recul, elles avaient
raison tant les programmes estivaux étaient sans saveur…
Et ça continue… dans certains cas.
En effet, 2005 n’a pas dérogé à la
fameuse règle du "pas grand chose à la télé
ce soir" même si quelques bonnes surprises sont apparues
(lire la 3e partie de cette trilogie à suivre dans deux
semaines).
Pour les amoureux de la drogue, des églises du 12e siècle,
des musettes et des blagues de Gérard Holtz, le Tour
de France 2005 nous a encore offert son lot de grands moments.
Cette année, le Jean-Pierre Pernault de France 3, j’ai
nommé Henri Sannier, et le très enthousiaste Laurent
Jalabert étaient aux commentaires. Bon, passe encore.
Mais Daniel Bilalian (fraîchement nommé Directeur
des sports de FranceTélévisions) nous avait encore
ressorti Jean-Paul Olivier et Jean-René Godard de leur
maison de retraite respective !
Le premier nous a encore magnifiquement décrit la France
sous son meilleur jour (historique détaillé de
Gramouxi sur Billantier, anecdotes en pâture sur la fabrication
des sabots typiques de St Martin la Glacière…)
et le second nous a gratifié de ses envolés mythiques
à base de "Chuuuuutttteeee à l’arrière"
et autre "Il est virtuel maillot jaune car il compte virtuellement
2 minutes et 45 secondes d'avance sur Lance Amstrong à
mon dernier pointage virtuel". Lance Amstrong qui, comme
d’habitude, a gagné, proprement. Non, il n’a
rien pris pour monter 20 Km de montagne à 45 Km/h puisqu’on
vous le dit ! Bon alors…
Dans un tout autre registre, nous avons retrouvé avec
grand plaisir L’île de la tentation. Dire que ce
show est la plus belle honte télévisuelle qui
ait jamais existé n’est pas galvaudé. Au
programme, des couples de beauf et de truffe qui partent sur
une île paradisiaque pour "tester" leur amour
et résister à la tentation de ne pas craquer sur
un ou une mannequin au QI de 2,5 spécialement embauchés
pour, justement, les tenter.
Les blaireaux de la première édition pouvaient
avoir l’excuse de ne pas savoir au préalable ce
qui les attendait. Mais pour les gros blaireaux de cette saison
3, il n’y a plus d’excuse. Partir sur le simple
prétexte (attention, extrait des images du casting avé
l’accent de la pouf du sud) "que ça fait 10
moig què l’on est ensemble avé Paolo et
on avaig vraiment envig de savoir si notre amour était
fort !". Et bien ma chérie c’est réussi,
Paolo a du mettre 3 heures avant de fixer les gros lolos d’une
tentatrice et à peu 4 heures de plus avant de lui mettre
deux mains et la tête dans le sous-tif. Quand elle a vu
les images sur le DVD portatif, elle a fondu en larme, un neurone
s’était réveillé pour la première
fois depuis son 4e anniversaire, tout le cerveau a pété.
On n'y croyait plus depuis que Guy Lux et Léon Zitrone
s’étaient enfuis au paradis des vachettes, mais
France 2 l’a fait : elle a ressuscité Intervilles.
Il serait méprisant et mal approprié de renier
en bloc les fameux "Fil Rouge", les "Jokers Bilto"
et autres réclamations "de Monsieur le Maire de
Loches" qui ont fait notre bonheur quand nous étions
bambins. Oui, mais voilà, nous avons grandi et Nagui
et Patrice Laffont ne nous amusent plus autant que leurs ancêtres…
et avec un peu de recul on s’aperçoit qu’Intervilles,
c’est franchement chiant.
L’avantage de la pluie l’après-midi d’un
jour de vacances (donc pas de piscine, pas de ballade, pas de
bronzette, à 1 600 euros la location, merci bien !) est
que nous pouvons enfin nous mettre à la place de nos
grands-parents… devant la télé dès
14h. Les après-midi d’été vous proposent
ainsi les joies cathodiques de la retraite avec les rediffusions
de Maigret ou de La croisière s’amuse… et
plus que 4 heures avant Julien Lepers, qui ne prend jamais de
vacances (ou l’est-il toujours… en vacances).
Bref, les merguez cramées de la télé ont
donc été nombreuses en cette période ensoleillée.
Et ce n’est pas tout, car je ne pourrai m’empêcher
de vous raconter, la semaine prochaine, les aventures pitoyables
de L’été de tous les records, le retour
de Lagaf à la télé (et oui il existe encore),
les apéros devant Qui veut gagner des Millions et les
rediffusions magiques des Sous-doués et autres nanars
en prime-time.
Ne ratez pas, donc, l’épisode 2 de "la trilogie
de l’été de la télé"
dans Jowebzine. A la semaine prochaine !