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     Vu à La TéLé
 
L’ETE DE LA TELE
2e partie - Ca manque de Zip…
Chronique du 6 septembre 2005
Après avoir défloré un bon nombre de nos aventures cathodiques estivales dans la 1re partie, notre trilogie palpitante "L’été de la télé" continue cette semaine sous les meilleurs auspices. Au programme : des émissions d’enfer, des animateurs relookés sur le retour et des nanars à couper le souffle !


Que celui qui n’a pas un jour goûté aux joies du camping deux étoiles me jette la première pierre.

Tous, je dis bien tous, sommes émus aux souvenirs de ces campings aux magnifiques allées jonchées de gravillons poussiéreux où traînent encore le cochonnet de la partie de pétanque de la veille, que Jackie avait perdu en voulant le tirer.

Tous, sans exception, avons de la mélancolie à évoquer la famille Martin qui avait, de loin, la caravane la plus pourrie, mais qui se rattrapait en disposant d’une réserve de Ricard à l’infini et surtout d’une télé mi-couleurs mi-noir et blanc reliée à une antenne type ci-bi tenant tant bien que mal sur une des armatures fragiles du auvent. Monsieur Martin se postait dès le matin dans sa chaise bleue dépliable, affublé d’un débardeur "Cocobeach in Hawaï to the sun" ultra-moulant et d’une paire de sandales cuir de chez Lidl. A n’en pas douter, Monsieur Martin et sa famille retournent encore chaque année dans le même camping (moi j’ai décroché depuis longtemps, merci) et entament de folles après-midi devant leur télé "parce qu’à la mer, y fait trop chaud".

Si Monsieur Martin se délecte encore des programmes estivaux traditionnels qui nous sont proposés l’après-midi, ce n’est pas le cas de tous, en l’occurrence de vous et moi, enfin je pense… enfin j’espère… pour vous.

Il est 16h00 quand, par inadvertance, une télécommande farouche d’un après-midi ensoleillé du mois d’août zappe sur France 3. C’est à ce moment précis que notre âme respectable ne peut s’empêcher d’être interloquée par la grandeur des images "campingesques" de L’été de tous les records. Ce riche programme repose sur un concepteur novateur (battre des records insensés) et se déroule dans les plus belles stations balnéaires françaises (Bénodet, Le Touquet, Fécamp…).



Et c’est partie pour deux heures de direct intenses. Sous l’impulsion d’un Pierre Sled en transe totale, des d’jeuns armés de casque biodynamique et de VTT tunning tentent de sauter par dessus des planches savonneuses placées à 3 mètres de haut ; des chiens surentraînés (limite dopés) font des parcours militaires importés de Tchétchénie en moins d’une minute, le tout contrôlé par un juge arbitre nommé Barry White (pareil que le chanteur et, lui aussi, est black, ça ne s’invente pas) et commenté par une mignonne blondinette prénommée Emma (je ne fais pas de commentaires)…

Si l’on y ajoute des foules de campeurs (les Martin et leurs copains de l’allée "Les Tournesols") en guise de public en liesse, des chanteurs Universal dernière génération qui se lâchent comme des dingues sur le rythme de leur play-back "Macarenabadada in the love for you !", vous vous rendez compte assez rapidement que vous tenez une émission culte, un moment fort de votre de vie, un sommet de la culture underground ou plus simplement le paroxysme de la beauf’attitude.



18h00 arrive et quelle surprise de voir le truculent Lagaf ("Il est beau le lavabo" pour les intimes) de retour d’une île déserte. Aux commandes de Cresus, un jeu à mi-chemin entre le Bigdil et Pyramide, le nouveau Lagaf est arrivé. Crâne rasé, un très joli bouc roux et des vannes plein les poches… On tient 5-10 minutes, juste histoire d’avoir de la matière pour faire cinq lignes dans une chronique télé de rentrée. Si vous n’êtes pas chroniqueur télé dans Jowebzine, vous pouvez donc vous abstenir.



18h45. Les Apéricub’ sont sortis, les verres et les glaçons sont sur la table de jardin, les Chispters "goût Provence" crépitent dans un bol Mickey… Bref ça sent l’apéro. Et là, notre bon Jean-Pierre et son dernier mot, reprennent du service comme tous les étés depuis 5 ans, à l’heure fatidique de Qui veut gagner des millions ?. On ne peut s’empêcher de regarder le pauvre type en sueur assis en face de Jean-Pierre et qui hésite des plombes avant de prendre un joker et encore, il ne sait même pas lequel. "Je répète la question Francis : le célèbre dinosaure est le diplodocus, le dipploddoccus, le dyplodoccus ou le tripoteanus ?". Jean-Pierre fout la pression, Francis hésite et opte sous le choc pour un appel à un ami. Fatalement, quand on dispose de 30 secondes pour dire à la Tante Francine : "Francine, bonjour, ça va ? Oui, bien et toi ? Bon, Francine, quelle est l’orthographe de …", plantage assuré, ça n’a pas loupé… Kékette pour les 48 000 euros . C’est trop bête mais on se marre.



20h55, enfin le film. Que dire de ce bonheur que nous offrent les différentes chaînes hertziennes à nous faire découvrir, mais surtout re-découvrir, ces grands classiques de l’été : Les sous-doués (8 diffusions en prime-time les 12 derniers étés - Source TF1), Les sous-doués en vacances, L’hôtel de la plage, A nous les petites Anglaises ou encore l’intégral d’Angélique. Bref ça sent le moisi du fond de barbecue mal allumé parce que, tout simplement, on avait plus de Zip pour le faire démarrer… quel dommage !

23h00. Le camping s’éteint enfin. Profitant du ronflement de son père devant la rediffusion de Vie privée, vie publique : spécial transexuel, la fille des Martin est partie sous la canadienne du fils Langlois pour une folle partie de découverte de l’anatomie en milieu sauvage et herbe haute.

Heureusement, l’été, devant la télé, il n’y a pas que des piquets de tentes. L’épisode final de notre trilogie L’été de la télé vous révèlera les bonnes surprises. De Lost à FBI porté disparu, en passant par les Championnats du Monde d’athlétisme, il y a eu quelques instants de détente. Ouf on respire !


Esteban
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