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3 BONNES RAISONS DE NE PAS REGARDER L'EUROVISION
Chronique du 31 mai 2005
Une soirée entre potes, un cinéma en amoureux ou encore un barbecue avec la famille… les prétextes ne manquaient pas pour ne pas regarder l’Eurovision le 21 mai. Pour connaître les 3 bonnes raisons qui ont fait dire à votre entourage "Ah ! toi non plus tu n’as pas regardé l’Eurovision, c’est qui qu’a gagné ?", lisez cette chronique.


La Grèce a gagné, oui, bon, bien et alors ?
Commençons par un petit rappel historique.
L’Eurovision a été créée par je ne sais qui en 1956, date à laquelle la première édition a eu lieu en Suisse, à Lugano, et fut diffusée à la télévision via… l’Eurovision, ce qui explique, vous l’aurez compris, le nom.

Déjà, à l’époque, nos grands-parents ou parents devaient être assez peu nombreux à se poster devant leur écran noir et blanc pour regarder la première concurrente française, Dany Dauberson, se faire taper la première place par la chanteuse suisse Lys Assia (je n’invente rien, c’est le vrai point historique de cette chronique). L’année d’après c’était à Francfort, et là vous me dites "C’est bon, ça va, on s’en fout !" Dans ce cas, je vous réponds sur le champ que, en effet, tout le problème est là, puisque de tout temps des générations entières se tamponnent assez allégrement le coquillard de ce non-événement qu’est l’Eurovision.

Cette année encore, l’Eurovision a fait un score assez moyen à l’audimat du samedi soir : 2,7 millions de téléspectateurs, ce qui, pour les non-initiés, n’est pas terrible terrible par rapport à un Patrick Sébastien voire même le Fort Boyard de l’été. Calcul rapide : nous étions donc 57,3 millions de français à ne pas regarder l’Eurovision, en voici les raisons.

Raison n° 1 : du talent en veux-tu et bien non, t’en n’auras pas !
À l’Eurovision il y a une règle de base qui a dû être décidée de longue date par les pays organisateurs. En effet, aux vues des castings, le principal fondateur, en 1956, a sûrement dit un soir de cuite aux autres fondateurs : "On se promet, les mecs, d’envoyer au feu chaque année la plus grosse truffe de nos artistes nationaux, comme ça, si ça ne marche pas, au moins on se fendra la gueule". Encore une fois je ne connais pas le fondateur en question, mais la phrase a marqué les esprits puisque, chaque année, la France - par exemple - lance des talents de demain sans lendemain comme Nayah (1999), Sofia Mestari (2000), Louisa Baileche (2003). Vous ne les connaissez pas ? C’est normal, personne ne les connaît… et personne ne les connaîtra jamais.

Néanmoins les Français ont un minimum de retenue avec leur truffe chanteuse car ils ne leur font pas subir la torture de nos amis Polonais ou Roumains qui envoient encore aujourd’hui des chanteurs avec plumes dans le cul, biniou dans l’oreille, accompagnée de danseuses type Claudettes refroidies par quatre années de prostitution en Albanie du sud-est.


Raison n° 2 : Céline Dion, Patrick Fiori, Patrick Juvet… ils auraient pu se retenir !

Si l’Eurovision nous gave chaque année de ces multiples chanteurs qui braillent leur chanson devant des décors top kitch, ce foutu événement aura quand même lancé de belles musaraignes qui ont eu, depuis, un parcours de renom. En effet si l’Eurovision n’existait pas, Céline Dion n’aurait pas chanté pour la Suisse en 1988 (pour une canadienne repérée par Michel Drucker, merci de me dire pourquoi la Suisse) et ne nous gonflerait pas aujourd’hui avec ses chansons et son René. Patrick Fiori (digne représentant de la France en 1993) ne nous aurait pas hurlé "Beellllllllllleeeeee" dans les oreilles toute une année. Patrick Juvet, 12e en 1973, ne se serait pas demandé où sont les femmes et nous aurait ainsi évité quelques Karaokés destructeurs. Bref, l’Eurovision les a lancés, on s’en serait bien passé…

Raison n° 3 : juste avant un référendum sur la constitution Européenne, cela vous aurait poussé à voter non !

L’Eurovision a été diffusée le 21 mai dernier, à une semaine du référendum français sur le oui ou non à la constitution européenne (oui moi non plus, comme tout le monde, je ne l’ai pas lu et j’en parle quand même, et alors !?). Les pro-Europe ou les eurosceptiques, assis devant leur télévision en ce samedi soir de mai, avaient tout de même une magnifique raison de croire que l’Europe n’avait pas créé que de bonnes choses pour chaque individu. Entre les Lettons qui chantent en anglais avec un accent des Balkans, les Slovènes qui dansent mal et les Turques qui ne sont même pas belles, Roger (53 ans, eurosceptique de la première heure, branché sur France 3 ce samedi 21 mai) devait grogner la phrase suivante à sa dulcinée coiffée de bigoudis : "Et après on va se plaindre que je vais voter non ! L’Europe c’est rien que des tarlouses, des pétasses et des branleurs !". Sans partager la pensée hautement philosophique de Roger, c’est vrai qu’il y a de quoi se morfondre devant ce spectacle encore pire qu’une soirée Nicoletta chez Pascal Sevran.

Conclusion, vous avez bien eu raison de faire autre chose que de regarder L’Eurovision sur France 3 le 21 mai dernier. Moi, par exemple, je suis allé faire un petit tour à Honfleur avec ma chère et tendre… Je vous conseille un très bon resto, Entre Terre et Mer dont vous pourrez retrouver la critique gastronomique dans la rubrique Bonne Table de ce Jowebzine.

Indicateur d’Esteban sur l’Eurovision : - - -


Esteban R.
© Jowebzine.com - Juin 2005



Sites à visiter :
- www.eurovision.tv
- www.t7j.com (pour connaître les programmes des autres chaînes le soir de l’Eurovision)

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