Une
soirée entre potes, un cinéma en amoureux ou encore
un barbecue avec la famille… les prétextes ne manquaient
pas pour ne pas regarder l’Eurovision le 21 mai. Pour
connaître les 3 bonnes raisons qui ont fait dire à
votre entourage "Ah ! toi non plus tu n’as pas regardé
l’Eurovision, c’est qui qu’a gagné
?", lisez cette chronique.
La Grèce a gagné, oui, bon, bien et alors ?
Commençons par un petit rappel historique.
L’Eurovision a été créée par
je ne sais qui en 1956, date à laquelle la première
édition a eu lieu en Suisse, à Lugano, et fut
diffusée à la télévision via…
l’Eurovision, ce qui explique, vous l’aurez compris,
le nom.
Déjà, à l’époque, nos grands-parents
ou parents devaient être assez peu nombreux à se
poster devant leur écran noir et blanc pour regarder
la première concurrente française, Dany Dauberson,
se faire taper la première place par la chanteuse suisse
Lys Assia (je n’invente rien, c’est le vrai point
historique de cette chronique). L’année d’après
c’était à Francfort, et là vous me
dites "C’est bon, ça va, on s’en fout
!" Dans ce cas, je vous réponds sur le champ que,
en effet, tout le problème est là, puisque de
tout temps des générations entières se
tamponnent assez allégrement le coquillard de ce non-événement
qu’est l’Eurovision.
Cette année encore, l’Eurovision a fait un score
assez moyen à l’audimat du samedi soir : 2,7 millions
de téléspectateurs, ce qui, pour les non-initiés,
n’est pas terrible terrible par rapport à un Patrick
Sébastien voire même le Fort Boyard de l’été.
Calcul rapide : nous étions donc 57,3 millions de français
à ne pas regarder l’Eurovision, en voici les raisons.
Raison n° 1 : du talent en veux-tu et bien non,
t’en n’auras pas !
À l’Eurovision il y a une règle de base
qui a dû être décidée de longue date
par les pays organisateurs. En effet, aux vues des castings,
le principal fondateur, en 1956, a sûrement dit un soir
de cuite aux autres fondateurs : "On se promet, les mecs,
d’envoyer au feu chaque année la plus grosse truffe
de nos artistes nationaux, comme ça, si ça ne
marche pas, au moins on se fendra la gueule". Encore une
fois je ne connais pas le fondateur en question, mais la phrase
a marqué les esprits puisque, chaque année, la
France - par exemple - lance des talents de demain sans lendemain
comme Nayah (1999), Sofia Mestari (2000), Louisa Baileche (2003).
Vous ne les connaissez pas ? C’est normal, personne ne
les connaît… et personne ne les connaîtra
jamais.
Néanmoins les Français ont un minimum de retenue
avec leur truffe chanteuse car ils ne leur font pas subir la
torture de nos amis Polonais ou Roumains qui envoient encore
aujourd’hui des chanteurs avec plumes dans le cul, biniou
dans l’oreille, accompagnée de danseuses type Claudettes
refroidies par quatre années de prostitution en Albanie
du sud-est.
Raison n° 2 : Céline Dion, Patrick Fiori, Patrick
Juvet… ils auraient pu se retenir !
Si l’Eurovision nous gave chaque année de ces multiples
chanteurs qui braillent leur chanson devant des décors top
kitch, ce foutu événement aura quand même lancé
de belles musaraignes qui ont eu, depuis, un parcours de renom.
En effet si l’Eurovision n’existait pas, Céline
Dion n’aurait pas chanté pour la Suisse en 1988 (pour
une canadienne repérée par Michel Drucker, merci de
me dire pourquoi la Suisse) et ne nous gonflerait pas aujourd’hui
avec ses chansons et son René. Patrick Fiori (digne représentant
de la France en 1993) ne nous aurait pas hurlé "Beellllllllllleeeeee"
dans les oreilles toute une année. Patrick Juvet, 12e en
1973, ne se serait pas demandé où sont les femmes
et nous aurait ainsi évité quelques Karaokés
destructeurs. Bref, l’Eurovision les a lancés, on s’en
serait bien passé…
Raison n° 3 : juste avant un référendum
sur la constitution Européenne, cela vous aurait poussé
à voter non !
L’Eurovision a été diffusée le 21 mai
dernier, à une semaine du référendum français
sur le oui ou non à la constitution européenne (oui
moi non plus, comme tout le monde, je ne l’ai pas lu et j’en
parle quand même, et alors !?). Les pro-Europe ou les eurosceptiques,
assis devant leur télévision en ce samedi soir de
mai, avaient tout de même une magnifique raison de croire
que l’Europe n’avait pas créé que de bonnes
choses pour chaque individu. Entre les Lettons qui chantent en anglais
avec un accent des Balkans, les Slovènes qui dansent mal
et les Turques qui ne sont même pas belles, Roger (53 ans,
eurosceptique de la première heure, branché sur France
3 ce samedi 21 mai) devait grogner la phrase suivante à sa
dulcinée coiffée de bigoudis : "Et après
on va se plaindre que je vais voter non ! L’Europe c’est
rien que des tarlouses, des pétasses et des branleurs !".
Sans partager la pensée hautement philosophique de Roger,
c’est vrai qu’il y a de quoi se morfondre devant ce
spectacle encore pire qu’une soirée Nicoletta chez
Pascal Sevran.
Conclusion, vous avez bien eu raison de faire autre chose que de
regarder L’Eurovision sur France 3 le 21 mai dernier. Moi,
par exemple, je suis allé faire un petit tour à Honfleur
avec ma chère et tendre… Je vous conseille un très
bon resto, Entre
Terre et Mer dont vous pourrez retrouver la critique gastronomique
dans la rubrique Bonne Table de ce Jowebzine.
Indicateur d’Esteban sur l’Eurovision : - - -
Esteban R.
© Jowebzine.com - Juin 2005
Sites à visiter :
- www.eurovision.tv
- www.t7j.com
(pour connaître les programmes des autres chaînes le
soir de l’Eurovision)
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