COUPE DU MONDE
DE FOOOOOOOOOT
Ce drôle d’animal de commentateur !
Chronique du 4 juillet 2006
Bon
déjà pour commencer, je tiens à m’excuser
auprès de Raymond, Zinédine, Patrick, Fabien, Franck
et les autres dans la mesure où, comme 95 % des chroniqueurs,
journalistes ou commentateurs, je me suis assez largement fourvoyé
la semaine dernière en pronostiquant le déclin d’une
équipe, la fin d’un rêve, les traitant même
de chèvre... Pardon, mes excuses, je le ferai plus, c’est
promis.
Voilà qui est fait. Bon, depuis que nous avons commencé
notre aventure des chroniques TV sur la vie de la Coupe du Monde,
un sujet me titille : les commentateurs. Seul, en doublette, en triplette,
en groupe, le commentateur est un animal étrange… explication.
Alalalalalalalalalala, ça sent pas bon, hein Jean-Michel ?
Ce qui est bien avec la Coupe du monde c’est que l’on
a, en très peu de temps, un panorama très large des
gars qui connaissent le foot sur le bout des doigts qui passent, passent
encore et repassent sans cesse à la télé. Emission
spéciale, match, commentaires… une flopée d’animaux
en binôme consultant-commentateur se donnent la main le temps
d’un mois. C’est beau l’amour.
Dans la famille TF1, je demande l’artillerie lourde : après
avoir savamment dégagé Thierry Rolland comme un malpropre,
nos amis de la Une avaient eu le bon ton d’aller chercher le
meilleur d’entre tous les animaux commentateurs : Thierry Gillardi.
Ce mec a bercé mes soirées foot sur Canal durant toute
mon adolescence. Il s’emballe quand il faut, joue juste avec
les mots, ne prononce pas les noms des coréens avec un faux
accent de serveur vietnamien… Bref, ce mec est un bon. Pour
être franc, c’est le seul qui ne me donne pas envie de
mettre les commentaires de RMC INFO tout en regardant la télé
(cette chronique s’appelle Vu à la télé
et non Entendu à la radio, mais je vous invite à vous
faire au moins un match avec les commentaires de RMC : ça claque
!). Entouré de Larqué et Wenger à l’occasion
de l’événement, tout le monde apprécie,
rien à redire sur la triplette.
Au rang des équipes B de TF1, nous retrouvons la paire Christian
Jean-Pierre et Gérard Houllier. Equipe B sur le papier mais
pas dans les faits, car le binôme fonctionne bien, se fait de
bonnes passes et connaît son sujet. Agréable. M6 aurait
été bien inspirée d’aller chercher ce type
de paire d’attaquants car quand on voit ce que l’on a
chez eux…
Et oui, ne s’improvise pas chaîne du foot qui veut et
M6 récupère les pots cassés à l’occasion.
Notons en marge des matchs, le magnifique "café des sports"
que constitue l’émission 100 % Foot / 100 % Coupe du
monde animée par Mme Domenech, Estelle Denis, qui a une voix
de tenancière de troquet parisien et qui rythme son émission
avec de magnifiques questions qui tuent du type : "Alors Dominique
et Pierre, qu’est-ce qu’on en dit des brésiliens,
bons manieurs de ballons, hein, non ? Hein, Pierre, hein ? Non, hein
qui qui l’en dit Dominique ?". On ne s’ennuit pas.
Et aux commentaires, l’équipe de rêve de beaufs
chauves revenus d’ailleurs (l’un de TF1, l’autre
du Qatar), j’ai nommé Thierry Rolland et Franck Lebœuf.
On ne change pas un Rolland qui gagne… 40 ans de commentaires,
on a juste le sentiment de voir une rétrospective des meilleurs
moments de la coupe du monde 1966 quand l’Angleterre joue, la
trouille au ventre que le 16/9e se foute en noir et blanc… L’ami
Lebœuf commente comme il était sécurisant en défense
centrale des bleus en 2002 : toujours peur d’un dérapage
et relance de commentaires direct en touche.
Le duo Christophe Josse (ancien de Canal+, de TPS, de France 2 et
du Tour de France) a fait les beaux jours de Canal mais a malheureusement
un peu trop conservé son côté Tour de France et
commente les débordements sur l’aile comme on commente
un sprint lors d’une arrivée à Vesoul pour la
4e étape… Associé à Christophe Dugarry
qui met une petite touche de sud avec son accent de contrôleur
SNCF qui sent bon le "moi qui n’aime pas le Ricard, j’en
ai bu neuf, je suis bourré, j’ai pas fait exprès".
Et enfin, le grand Canal… Comme d’hab, on traite de démago
parisien de gauche le gars chroniqueur qui ne jure que par Canal pour
ses émissions, son impertinence et sa justesse d’animation…
Mais le foot sur Canal reste le foot sur Canal et de Margoton à
Balbir en passant par Linette, on savoure un match même si,
école Canal, la voix s’emballe un peu vite, même
quand il y a touche.
Les redifs sur Eurosport et Sport+ valent la peine d’être
écoutées, quelques stagiaires commentateurs se font
la voix à 3 heures du mat, bien drôle…
Voilà, ça c’est fait, la semaine prochaine on
fera le bilan de tout se beau bordel.