FOOT
: VOL 747 POUR MELBOURNE Chronique
du 13 novembre 2001
Hémisphère,
hémisphère Est-ce qu'on a une gueule à
aller jouer dans lhémisphère sud !? Tais-toi et
nage ! Et en plus, vu ce que tu gagnes et que le match a eu lieu dimanche
dernier à 10 heures du matin heure française de
toute façon, tu nas plus le choix.
Donc, la rencontre a eu lieu et a vu, à Melbourne, la France
et lAustralie faire un match nul (je parle du score : 1-1),
au terme dun match moyen (je parle du niveau de jeu).
Mais que de simagrées, de contorsions (mauvais ça, pour
un footballeur) et de chichis (tiens, pour une fois, on ne la
pas vu celui-là !) pour aller jouer un match amical en Australie.
Rappel des faits. Jeudi matin, embarquement immédiat à
bord dun 747 spécialement aménagé pour
nos Champions du Monde. Coût des travaux 6 000 000 F, soit 120
000 F par personnes ! Non vous ne rêvez pas, pour ce tarif de
groupe, la Fédération Française de Football vous
transforme un 747 en train couchette volant avec bar et tables de
massage. Il faut bien ça pour supporter les 46 heures vol (aller-retour).
Notre lectorat féminin, qui sait compter, aura remarqué
au passage que 22 sélectionnés
x 120 000 F, ça ne fait pas 6 millions ! Mais il faut savoir
que quand les bleus se déplacent, c'est par 50 (c'est vrai
quoi, vous ne voudriez pas qu'ils portent leur sac de sport en plus
!) et je tiens à préciser que lon ne parle pas
de léquipage, qui n'est comptabilisé qu'en cas
de crash.
Et après, on sétonnera dentendre, un dimanche
dhiver à huit heures du matin, du côté du
Stade de Trifoullis-les-Oies, une voix pleine dassurance dire
: Papa, maman, faudrait voir à transformer les places
arrières de la Scénic en salle de repos, cest
bon pour la récupération quil a dit lentraîneur
!.
Bref, les problèmes dintendance étant réglés
et les illustres passagers ayant embarqué, lavion peut
maintenant décoller.
"Le commandant Schumacher (ça ne s'invente pas*) et son
équipage vous souhaitent un agréable vol, nos charmantes
hôtesses vont maintenant vous rappeler les consignes de sécurité
en joignant le geste à la parole :
- à votre droite et à votre gauche, les sorties de secours,
- sous votre siège les gilets de sauvetage,
- au fond de lavion les tables de massage !"
Glups ! Il fait vraiment chaud dans cet avion !
23 heures plus tard, on y est ! Arrivée sans problème
à Melbourne où léquipe de France s'installe
et peut enfin se consacrer aux choses importantes, les sacro-saints
fondamentaux, à savoir la visite rituelle du zoo de la ville
hôte : il serait dommage de faire un aussi long voyage sans
en profiter pour découvrir les splendeurs de la culture locale.
Et le moment tant attendu arrive enfin, dimanche matin 20 heures (heure
australienne, je sais ça surprend), les deux équipes
pénètrent sur le terrain sous lovation du public
et sous une pluie battante : un temps à laisser Skippy au vestiaire
et à le remplacer par Flipper !
Aux commentaires du match, les inamovibles Thierry Rolland et Jean-Michel
Larqué ; au sponsoring, Carrefour et Pétrole Hahn. Ah,
Pétrole Hahn ! On comprend mieux la sélection de Karembeu,
qui au vu de sa prestation sur ses derniers matchs en équipe
de France devrait dailleurs prochainement être contacté
par Chabichou (de délicieux petits chèvres frais ).
Mais qu'est-ce qu'ils font ces deux-là : Fabien et Franck,
pas cul sec la lotion !.
"Trut-trut !" (je nai jamais su imiter le bruit du
sifflet de larbitre), le coup denvoi est donné.
"Trit-trit !" (désolé), le match se termine.
Entre trut-trut et trit-trit, pas grand-chose à dire si ce
nest les habituels commentaires à 2 balles de Jean-Michel
et Thierry. Avec eux, on a toujours limpression quils
viennent de faire 23 heures de vol :
"- Ah, la charnière Leboeuf, Desailly, Karembeu ferait
la joie de tous nos éleveurs de bovins !
- Oh la la, il a une main à la place du pied !
- Oh, un tir en plein hublot heu, pardon, en pleine lucarne
(lavion, ça fatigue)"
Les fins observateurs auront également remarqué que
Roger Lemerre, se fiant au vieux dicton aborigène "lhumidité
nuit à la réflexion", arborait, pour la première
fois de sa carrière dentraîneur, deux casquettes
: une par mi-temps, pas fou le Roger ! Les plus pointilleux dentre
vous me feront remarquer que cela faisait trois au total puisquil
avait également la casquette de sélectionneur (je sais,
elle est pas terrible, mais moi aussi, moralement, j'ai 23 heures
de vol !).
Bon, finalement, ce quon retiendra de ce match, cest que
"la préparation du jeu aura primé sur lenjeu".
Elle est pas belle celle-là ? Eh, trente ans de Téléfoot
au compteur, quand même !