Untitled Document
 

     Vu à La TéLé
 
CANAL+ INFO 19H
Un peu de new dans les news !
Chronique du 27 septembre 2005
Vous en avez marre des JT formatés avec des hommes troncs en place depuis 20 ans. Vous n’avez pas été très sensible aux incartades amoureuses de Jean-Pierre Pernault et de sa douce ex-miss. Le Soir 3 est trop tardif. LCI vous ennui… Heureusement est arrivé, pour vous, un JT pêchu, original, new-look : Canal+ Info 19h… Merci Canal.


Quand PPDA prend 30 ans de plus, sans rien voir…

Voilà des dizaines d’années que l’info à la télévision est rigide. Bien sûr, il y a bien eu des tentatives de nouveautés après l’ère Gicquel. Dans les années 70, les JT étaient à l’image de l’auteur de la célèbre phrase "La France a peur" : tous avec une tête de bulldog fraîchement castré, postés devant un décor flower power et avec un téléphone lourd et gris qui sonnait lorsque les magnétos ne démarraient pas.

Dans les années 80, notre PPDA actuel avait quelques cheveux de plus et arrivait à pic pour donner une image jeune à la grand-messe de l’info. Mourousi avait lui aussi essayé de mettre un coup de pied dans la fourmilière et interpellait Marie-Laure Augry de sa voix rocailleuse désormais mythique.

Dans les années 90, on peut légitimement dire que tout a été à peu près essayé. Nous avons eu droit, dans le désordre, à des duos homme-femme (Henri Sannier-Laurence Picquet / Rachid Arab-Carole Guesler…), à du Jean-Pierre Pernault qui nous emmène découvrir les joies des fabriques de pipes à trois trous dans le rimanxois sur picouri, au Six Minutes de M6 au jingle type sonnerie de portable et au contenu aussi riche en information que le cerveau d’un lofteur… bref ça s’est bousculé en "originalité"… Il était donc temps que ça bouge dans les années 2000, mais non, toujours rien…

Le 5 septembre dernier, il est 18h. Un rendez-vous s’annule, je m’en fous, je rentre tôt, pour une fois. Mais je suis agacé, je prends la ligne 9, il fait chaud, Paris transpire, il va faire 30° dans l’appartement, putain pour une fois que je rentre à cette heure là, j’ai faim. Je rentre, en effet il fait 30° dans l’appartement, ça agace ma fille, elle saute partout, elle me demande les Teletubbies, j’accepte… qu’est-ce qu’il fait chaud. 18h45, ma fille se désintéresse des 4 peluches montées sur ressort, j’éteins le lecteur de DVD, je décide de regarder Canal+ dont on dit que la rentrée s’annonce savoureuse. L’épisode des Simpsons s’achève, y’a quoi après la pub ?

19h, Charlotte Legris de la Salle apparaît de nulle part après le jingle Info. Debout, flashée par une caméra à l’épaule façon 24h chrono, l’image se veut proche d’un documentaire filmé dans les méandres d’un Bagdad sous tension. Elle sourit naturellement puis enchaîne sur les titres, pas de pause, tout s’entrechoque à la vitesse de l’éclair. Digne descendante de la dynastie des Daphné Roullier et autre Marie Drucker, la belle Charlotte vous entraîne malgré vous.

À peine 30 secondes de JT de 19h sur Canal et vous avez, pour la première fois depuis que vous êtes apte à regarder des JT, la sensation d’une peau neuve, de véritable originalité, le sentiment qu’un type a bien réfléchi tout l’été et a dit : "Si, enfin, on faisait un JT décalé, différent, jamais vu, mais vraiment jamais jamais vu ?" Je ne sais pas qui a dit cela, qui a fait cela, quel cerveau a retourné tous ses neurones pour créer ça, ce JT d’un autre temps, d’un autre monde.

Charlotte enchaîne toujours et lance le prochain reportage en pseudo direct d’un tribunal de banlieue. Mais c’est pas possible, ils les ont tous sortis de leur placard, il y avait quelque part en France un nid de nouveaux journalistes. Notre envoyé spécial sur les lieux, marche vers nous, parle franc, n’a pas mis de cravate, ne ressemble pas à Ken.

Pleine tronche, plein les yeux. Les principaux titres sont passés. Charlotte est moyennement à l’aise pour sa première de l’année, mais on lui pardonne. Elle lance un tout image appelé "80 secondes" parce que, c’est très con, ça fait 80 secondes. Les images vous agrippent par l’élastique de votre slip, la voix-off n’a jamais été aussi loin de celle du Groland, tout est vraiment bien.

Ça y est, les 15 minutes de JT sont passées. Charlotte vous dit à demain. On peut regarder le nouveau Grand Journal de Denisot tranquille et se passer du 20h peinard : le Stimorol des journaux télévisés est arrivé.

Je me retourne et dis à ma femme : "Il a quel âge Pujadas, 64 ans c’est ça ?"

Comme j’ai la joie de rentrer tous les soirs bien plus tard que 19h (mais qu’est-ce je ferai dans la vie si j’étais moins con ?), je n’ai pas revu Charlotte depuis près d’un mois, elle ne manque pas vraiment, mais je garde un souvenir ému de notre rencontre en ce soir de septembre où l’univers du JT a basculé dans le bon ravin télévisuel.

À découvrir, sans faute…


Esteban R.
© Jowebzine.com - Septembre 2005



Site à visiter :
www.canalplus.fr
Untitled Document













Untitled Document
Copyright © 2001-2006 - Tous droits réservés