L’ILE
DE LA KOH-TENTATION
Chronique du 12 septembre 2006
C’est
quand même dingue ! Chaque été, on nous ressert
la même soupe et, chaque été, on reprend la grosse
cuillère à mamie et on se remet des grosses louchées
télévisuelles dans l’assiette ovale. L’exemple
est symbolisé par cette perversion maléfique du vendredi
et du mardi soir où l’on regarde, en oubliant son cerveau,
les magnifiques épisodes endiablés ou ensablés
de L’île de la tentation et de Koh-Lanta.
"J’ai pas résisté… rien ne la remplacera,
mais je l’ai trompé dans mon cœur à moi"
Céline Géraud (ma collègue Momo l’imite
trop bien) - bientôt 40 ans, Messieurs-Dames, est-ce bien raisonnable
? - s’assied sur un bout de bois d’une île déserte,
et près de 5 millions de crétins (on en fait partie,
non non, on ne juge pas) sont en excitation maximale à l’idée
de voir Harry tromper Virginie avec Suzanne, une espèce de
salope faussement suédoise tout juste extirpée de son
bordel de Stockholm.
Bon, jusque-là rien de grave, sauf que Virginie souffre le
martyre et veut se consoler seule. Seule, oui, mais dans un premier
temps (soit 2 jours en espace temporel Ile de la Tentation). Bien
vite, c’est Francis, grand black d’1m98 aux mensurations
d’apollon lunaire, qui s’approche de sa cabane de fortune
pour la réconforter. Virginie frétille du slip durant
1 heure. Puis frétille du string pendant 2 heures. Puis frétille
tout court pendant 10 minutes avant de succomber aux charmes exotico-martiniquais
de Francis, dont la musculature lui fait penser aux montagnes de son
enfance quand elle allait se recueillir sur la tombe de sa grand-mère
dans le Massif Central.
Pendant ce temps, à quelque 5 000 kilomètres de là,
une demi-douzaine de réfugiés politiques sont isolés
comme des connards sur l’île de Koh-Lanta, autrement appelée
l’Ile de Vanuatu (moi je connaissais car j’ai joué
avec ce pays à FIFA 1998 en perdant un pari avec des potes
un soir de débauche, j’ai pris 8-0 face au Brésil
de mon pote Tonio, la pire honte de ma vie sur Playstation).
Passons.
François David ne sait pas encore qu’il va gagner la
grande finale et 100 000 boules dans la popoche… et, donc, se
croit obligé de bouffer du poisson cru mariné à
la chaleur du Vanuatu soit 50° à l’ombre des faux
palmiers… un pur délice ! Le tout pour gagner une épreuve
de confort et remporter le premier prix donné par Denis Brogniart
(ma collègue Momo l’imite trop bien aussi) - bientôt
40 ans, Messieurs-Dames. 1er prix, donc, à savoir un slip propre
et une demi-douche selon la tradition du Vanuatu… à base
d’extrait de salive de coléoptère et de jus de
Goyave fermenté sous l’aisselle de la vieille femme du
village. Bonjour le réconfort.
Mais François-David, lui, ne connaît pas son bonheur.
En effet, il n’est pas cocu comme un lapin de Basse-Normandie
aux jours heureux de la chaleur lapine. Au contraire de Vincent, pauvre
innocent sur l’Ile de la Tentation, croyant bien faire en résistant
à la tentation, et s’apercevant comme un débile,
lors d’une lecture sur DVD un dimanche d’été,
que sa belle et douce Mélanie aimait en cachette se faire toucher
ses faux seins par des abrutis écervelés qui "quand
pas content met un coup de boule dans la tête d’autrui
parce que c’est des faux seins qui donnent des sentiments dans
mon cœur". Vincent ne peut plus tenir et cède à
la tentation avec Gyselle qui, à défaut d’avoir
Bac+5, arbore un 95D qui tue tout homme non intellectualisé
du zgueg. Pauvre bougre.
Mais la vie continue sur Koh-lanta. Entre deux épreuves de
chasse au trésor dans la jungle et un jeu à 2,5 euros,
nos camarades cherchent de la papaye et de la figue fraîche.
Ils s’entretuent sur l’île sous nos yeux et nous,
pervers, on aime ça. Plus personne ne se supporte, c’est
la fête totale. La moindre irritation de la foufoune devient
débat d’idées : trop classe les dialogues sur
l’île. La finale approche… et passer un accord entre
deux troncs d’arbre peut faire gagner la grosse cagnotte, alors
pourquoi s’en priver ?
Au final, pour ces éditions 2006, l’île de la tentation
ressortira avec 3 couples ruinés par "le cœur qui
donne des sentiments dans ton slip" et surtout par des images
traficotées à l’extrême par d’agiles
monteurs en bermuda et débardeur postés dans l’arrière-pays
de l’île pour pourrir les sentiments de nos abrutis de
tentateurs et faux conjoints. Mais, Ô gloire, avec un mariage
entre deux candidats, pas trafiqué du tout du tout mais alors
pas du tout du tout… on s’en sortira bien.
Et mon Koh-Lanta bien aimé ressortira avec une finale Emilie-François
Davis après l’ultime épreuve dite des "poteaux
en plein cagnard" dont le but du jeu est de rester en plein soleil
durant 2h30 en pleine mer sur des rondeaux de bois malgré une
cheville explosée.
Bref, en écrivant cet article, je m’aperçois que
je suis à la tête d’une bande de courges qui regardent
ces deux géniaux programmes d’été sans
réfléchir. Y’a pas de mal. Si vous le voulez bien,
on intellectualisera le système la semaine prochaine avec le
génial Prison break… Ça change des faux problèmes
existentiels.