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     Vu à La TéLé
 
NIP/TUCK
Une série taillée au scalpel
Chronique du 17 janvier 2006
Série phare de ces trois dernières années, la très atypique Nip/Tuck déchire la morale, incise vos bonnes pensées, retend votre cerveau trop détendu et gomme le superflu des séries américaines de secondes zones.


Les docteurs Mc Manara et Troy sont associés dans leur cabinet de chirurgie esthétique de Miami mais sont pacsés avec le diable, les emmerdes et tout ce qui peut torturer la vie d’un être lambda. D’histoire de bistouri en histoire de fesses (et pas seulement pour l’esthétisme), de complot de famille en adultère, de coucherie bizarre en désastre humain, Nip/Tuck est un panel de ce qui fait de mieux chez l’homme mauvais ou de mauvais chez l’homme bon… en apparence.

Du coup de lame de 15 au coup de kékette…

Suivi par des millions de fans outre-Atlantique sur la chaîne FX (la même qui diffuse The Shield), Nip/Tuck compte également de nombreux irréductibles chez nous. M6 avait diffusé les deux premières saisons et Paris Première (petite sœur de M6) va désormais plus loin en faisant débouler la très attendue saison 3 depuis la semaine dernière.

Raconter l’histoire de Nip/Tuck serait bien trop long. Au mieux, je peux me lancer dans un pitch évasif : deux copains d’université de médecine se sont unis depuis 20 ans pour le meilleur et surtout, au fur et à mesure des épisodes, pour le pire. L’évocation de l’expression clichée généralement usitée pour les termes relatifs au mariage n’est pas totalement fortuite de ma part. En effet, si nos personnages principaux ont pour lien primaire leur union professionnelle, l’histoire nous dévoile petit à petit que leurs affections croisées se juxtaposent dangereusement.

En apparence tout les oppose : un est marié/père de famille "rangé" l’autre est un des plus gros queutards/playboy de Miami. La gentillesse de l’un est bien souvent entachée par les déboires de l’autre et les cavalcades de l’un ne cachent malheureusement pas la torture psychologique de l’autre.

Autre particularité, Nip/Tuck vous fait mal visuellement en vous entraînant au moins une fois par épisode dans le bloc opératoire. Au programme, avec de vraies images dans l’écran : découpe de tété pour regonfler le tout, rafistolage de clitoris en utilisant un bout de tendon pour faire pareil, posage d’yeux en prothèse pour une aveugle pourtant jolie.

Et aux filles pourtant jolies, c’est là l’autre particularité de la série, le Dr Troy ne peut pas s’empêcher de leur proposer un coup de scalpel d’un genre plus sexuel… Traduction : une bonne grosse kékette-party express dans un coin de bureau, dans le parking du coin, au coin d’un bois et comme Troy n’est pas mal, les filles font "Coincoincoincoincoin… hmmm… Dr Troy, quel coup de scalpel ! ". Traduction : "Quel coup de kékette express !"

(J’ai fait un pari, je suis obligé de mettre le mot "kékette" au moins une fois par article en 2006. Là c’est fait, pari gagné pour ce deuxième article de l’année).
Mais s’il n’y avait que ça, Nip/Tuck serait vite fade. Et bien non, voilà pourquoi elle arrache cette série et je m’en fous, je vous dis tout ! Le Dr Troy est en fait le père du fils de son associé le Dr McManara, ce même fils, Matt, qui dans la deuxième saison tombe amoureux d’une femme qui va foutre un bordel monstre dans la série. Et bien même que c’est pas une femme mais un transexuel qui couche avec propre son fils adoptif qui n’est donc pas, forcément, son vrai fils.

Et ce n’est pas tout. A force de vouloir jouer les bons samaritains, le Dr MacManara veut, par exemple, opérer gratuitement toutes les victimes d’un violeur découpeur de gens gentils. Gagné, bien joué Dr McManara, le découpeur violeur le menace, menace sa famille et au final (fin de la saison 2) s’en prend au Dr Troy en le défigurant (et pour l’anecdote, lui met un coup de scalpel kékette… vous me suivez). Et bien voilà, bien fait pour la morale et de toute façon dans Nip/Tuck, y’a pas de morale.

Tous les sujets "ambigus" sont abordés et vont chercher au fond de vous le zest enfoui de voyeurisme bizarre qui sommeille. Parfois choquant, souvent perturbant, carrément haletant, Nip/Tuck aborde sous un angle acide l’inceste, l’adultère, l’homosexualité, la transexualité, le bien, le mal, le bonheur, le malheur, le rire, les pleurs et souvent la vie et la mort.

Une palette de personnages aux facettes aussi multiples que difficiles à cerner se succède au sein de cette série, clairement en avance sur son temps. Et oui une de ces séries au scénario finement ciselé qui vous fait dire, à la fin de chaque épisode : "Mais comment qui font les mecs pour trouver des idées pareilles ?"

Nip/Tuck vaut le détour même si, accro malgré vous, votre regard se détournera de certaine scène.

Une petite dose par semaine (mercredi à 22h30 sur Paris Première) et vous voilà guéri des maux de votre vie, tellement simple comparée à celle de Nip/Tuck.


Esteban R.
© Jowebzine.com - Janvier 2006



Les sites
- l’original : www.fxnetworks.com
- le français : www.parispremiere.m6.fr
- le fan : www.niptuck.free.fr
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