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     Vu à La TéLé
 
PARIS DERNIERE
SUR PARIS PREMIERE

Chronique du 19 avril 2005
Paris Dernière : ouah ! Trop fun la soirée chez Régine… Ou comment tout savoir sur ce qui se passe à Paris la nuit quand les honnêtes gens dorment.


A l’heure où les lambdas s’endorment, où les mecs qui bossent sont nazes, où les pères de famille essayent d’endormir leurs progénitures, où les provinciaux respirent un air pur de nuit de campagne, l’équipe de Paris Dernière arpente les rues de la capitale à la recherche de la soirée top fashion, le tout en caméra subjective avec un fond sonore digne des meilleurs DJ... Ca se la pète pas un peu tout ça madame !

Saaaaaaaaaluuuuuuuuuttttttttt chériii, comment vasssss-tuuu ?

Il y a des semaines comme ça. Le boulot ressemble à un bruit de perceuse : froid, ferme, vous explosant les tympans. Il y a des semaines où les heures de taxi, où les trajets en métro, où la froideur des buildings vous donnent envie de prendre un train pour le Finistère et de dégager loin, très loin de l’austérité parisienne.

Malgré ces rythmes de débile et quelle que soit la multiplication du nombre de mecs qui vivent les mêmes semaines que les miennes, l’équipe de Frédéric Taddéï sur Paris Première s’en fout. Pour eux, la vie est belle, la ville est belle, la nuit est belle. Paris est leur terrain de jeu… un jeu nocturne. Caméra numérique à la main, ils traversent la capitale de bars en boîtes, de soirées mondaines en expos inaccessibles pour le vulgum pecus (terme latin appris en 4e qui signifie "le commun des mortels, l’homme de base"), de quartier chaud en petites culottes de partouzeuses bourgeoises en mal de reconnaissance par leurs camarades de parties fines.

Paris Dernière (tous les vendredi à 23h15 sur Paris Première, redif le Mercredi à 23h30) est un tableau attractif aux multiples facettes de ce que peut être une vie urbaine nocturne dans toute sa splendeur. Loin d’une jungle à éviter, le grand Paris de la nuit accueille les quelques rappeurs à la mode dans des soirées hypes à mort où les actrices de films de boules regardent la caméra de Taddéï en sirotant un cocktail offert par une grande marque de Vodka parce que, comme par hasard, la marque en question organise tonight la méga soirée à ne pas louper.

Elles sont vraiment trop fortes ces attachées de presse pour vendre leur soirée first class à Paris Dernière.

Pour vous résumer le cas d’école, une attachée de presse se repère de loin à ses lunettes carrés high fashion, parle fort en articulant comme si elle avait une patate chaude dans la tronche, fait tomber ses quatre portables en s’écriant "Trop bête, j’ai brisé le dernier Nokia Vodafone live B3825 que j’ai eu à la soirée VIP SFR chez Castel", vous regarde comme si vous débarquiez du 19e siècle et distribue de petites cartes de visites qui peuvent se mettre dans l’ordinateur pour ouvrir une fenêtre Outlook avec son e-mail en pop up direct. Si vous avez un doute, vous repérerez enfin une attachée de presse à sa phrase préférée, à savoir : "Sans déconner j’t’avais pas vu, c’est l’hallu totale cette soirée chez Régine !".

Et oui, Paris Dernière invoque les dieux du mercantilisme obscur en allant rejoindre comme si de rien était un acteur en promo toujours chez la vieille Régine. La célèbre patronne n’est jamais très loin, toujours tirée à quatre épingles (au niveau du front) et dont les lèvres de mammouth femelle en chaleur risquent d'exploser d’une minute à l’autre en suppliant de ne plus jamais pratiquer de fellation au risque attendu de partir feu d'artifice sur le saut à Champagne.

Tout en allant rejoindre le-dit artiste en promo, la caméra subjective est accompagnée subtilement par la musique choisie et découverte par la sympathique Béatrice Ardisson (femme de Thierry, producteur de l’émission). Collant aux images, la musique de Paris Dernière reste un fleuron de mixité, de pur délice et de reprises de tubes anciens revisités par des DJ ou des artistes d’easy listening aux réels talents. En bref, la musique reste un des points forts de l’émission et est d’ailleurs disponible sur 3 compilations du même nom. Elles se trouvent assez facilement chez tous les bons disquaires.com.

L’émission se termine toujours par un petit tour au pays du sexe avec le portrait rapide et pris sur le vif d’une scène de fesse, d’une bombe atomique qui fait des trucs gratuits dans une rue parisienne inconnue de tous ou encore de l’actrice de x vue deux heures plus tôt chez Régine (mais je vous rassure, ce n’est jamais Régine à poil… ouf !).

On ne reprochera jamais à l’ami Ardisson d’avoir lancé Paris Dernière (il y a presque une dizaine d’années maintenant) tant le concept est, du moins sur la forme, marginal et décalé. L’esprit "branchitude" accompagné d’un parisianisme aigu vous amène trop souvent vers les abysses de l’univers des bobos et des inaccessibles VIP de pacotilles. La musique, encore une fois, lisse un peu le tout et vous envoûte parfois.

On éteint la télé, demain il faut bosser, les pères de famille à la vie moins alcoolisée et moins cocaïnée du tout Paris pensent à leur boulot en espérant pouvoir trouver une baby-sitter pour aller se faire un resto, juste un resto, samedi soir entre potes… la vie plus simple est plus belle, qu’on se le dise !

Indicateur d’Esteban : +


Esteban R.
© Jowebzine.com - Avril 2005



Site à visiter : www.paris-premiere.fr
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