A
la télé, il y avait le foot, le basket, le hockey, le
tennis, voire le billard si l’on avait Eurosport, voire la pétanque
si l’on avait France 3 Marseille, bref de quoi passer de bonnes
soirées bière-tapas avec ses potes en faisant hurler
les femmes qui partagent nos vies, ou des dimanche après-midi
affalé entre deux coussins refusant "d’aller prendre
l’air, pourtant ça te ferait du bien". Qui aurait
cru, il y a encore quelques années qu’un jeu de carte
pouvait squatter généreusement l’écran
carré, certain soir sur Canal+, les nuits d’Eurosport
et carrément combler les peoples branchouilles de Paris Première…
hein qui ?
Ah ! Que de souvenirs lorsque l’on évoque en famille
les après-midi rami ou nain jaune après les repas du
dimanche… Ah ! Que de souvenirs lorsque l’on évoque
les partie de batailles dans les trains avant la classe de neige…
Ah ! Que de souvenirs lorsque l’on évoque les soirées
à regarder mamie, papy et leurs potes grisonnant fumant clope
sur clope en jouant au bridge ou à la belotte. On ne pensait
pas un jour revivre télévisuellement le coup du "taper
le carton". Mais pour donner envie il fallait un jeu de gentleman,
de golden boys, de mafieux, de flambeur, de fashion woman qui fume
des cigares et boit du bourbon : ce jeu s’appelle le Poker.
Bien loin du bon vieux strip poker symbole de fantasmagorie puérile
quand on a 14 ans histoire de voir les nichons de sa cousine, le poker,
le vrai, celui du World Poker Tour diffusé sur Canal+ est un
art, pas fait pour les rois de la pantoufle, loin, très loin
des après-midi rami familiaux où la frangipane de la
galette vient coller les doigts qui collent eux-mêmes les cartes.
Le poker à la télé accroche, emballe, fascine
presque. Il devient même une tuerie télévisuelle
avec ses petites caméras qui permettent de voir les cartes
des professionnels du jeu, de sentir et ressentir les émotions
de l’homo-pokerus lors d’un bluff… Le tout demande
au départ quelques explications, quelques astuces de compréhension
et c’est en ça que les commentaires sur Canal+ de l’ami
Paaaaatrrriiiiccccckkkk Bruel et du très footeux Denis Balbir
vous donnent tout simplement envie de devenir un de ces hommes de
jeu, l’envie d’en être, l’envie de vous mettre
autour de la table verte, de mettre des lunettes noires, faire semblant
d’être un king, bluffer, gagner ou perdre, mais jouer…
La caméra tourne, implique le téléspectateur,
fait comprendre à quel point on peut devenir "addicted"
au truc. Comprendre, apprendre, appréhender les coups, se faire
des ennemis, des alliés, être seul face à ses
choix… le poker est une leçon de vie. Mais pour cela
il faut comprendre que ce jeu, dans la vie et à la télé
est un véritable algorithme. Un moyen pour un parfait homo-pokerus
de faire face à la table grâce à la résolution
du jeu par le calcul. De penser au coup d’après, d’anticiper
une suite d'opérations permettant de résoudre tous les
problèmes. C’est beau ce que j’écris, le
poker me donne une envie de poésie.
Mais je m’arrête là, fin du lyrisme, regardons
le poker à la télé : Eurosport, Canal + ou Paris
Première vous donneront envie !