Bien
emballé à l’idée de me faire une
descente télévisuelle au pays du Moyen Age, je
me suis retrouvé, comme 8 699 999 millions autres téléspectateurs
(source médiamétrie), devant France 2, le 7 novembre
dernier. En tant que bon chroniqueur TV de notre Jowebzine chéri,
j’étais d’ailleurs presque dans l’obligation
de vous livrer mon sentiment, ma vision des choses, mon regard
aiguisé sur ce blockbuster télévisuel que
sont Les Rois maudits. Résultat : eh bin, il a pas accroché
son pépère Esteban, mais alors pas du tout !
Le Moyen Age, c’est chiant et même pas drôle…
Il était difficile le week-end précédant
les deux premiers épisodes des Rois maudits, ne pas croiser
les acteurs ou la réalisatrice de la série sur
son petit écran. De +Clair au JT de Schönberg en
passant par Tout le monde en parle, compliqué de ne pas
apercevoir le mari de Claire Chazal, les enfants de Gérard
Depardieu ou encore la sœur d’E.T. (comprenez Jeanne
Moreau). Digne d’une promo de film à gros budget
(s’en est un pour la télé, 23 millions d’euros.
A l’heure de payer la redevance, tu comprends mieux ta
douleur…), nos amis les artistes nous faisaient saliver
à l’idée de les retrouver habillés
en Comtesse Mahaut d’Artois, Charles de Mollan ou autre
Jeanne de Poitiers.
Séduit par la spirale médiatique et les arguments
prometteurs de nos comédiens de renom, je me jetais donc
comme un gros mollusque pachydermique (comparaison plausible
d’ailleurs avec le physique de Josée Dayan, la
réalisatrice) sur mon canapé, à 20h55,
en espérant me délecter des aventures trépidantes
de nos moyenâgeux rois maudits.
N’écoutant pas les critiques mitigées de
mes camarades ayant eu le luxe de voir en avant-première
la série (extrait : "Franchement j’ai vu le
truc des rois machins, ça m’a gonflé grave…")
ni la perplexité affichée de ma chérie
adorée (extrait : "T’as vraiment envie de
regarder ça ? Franchement je sens que ça me gonfler
grave"), j’entamais donc, la bave aux lèvres,
le visionnage attentif de ce premier épisode qui en appelait
quatre autres…
Le générique s’installe, une douce impression
de voir celui de l’excellent Kamelott associé à
l’ambiance des Visiteurs, le tout sur fond de musique
type Dossiers de l’écran (bref, de la musique qui
fait peur) ne vous emballe déjà qu’à
moitié…
Depardieu père apparaît dans une salle de château
super humide et entame une justification sur le fait que Les
Templiers, dont il est le chef en 1337 (décidément
quelle vie ce Gérard !), ne pourraient pas donner une
petite enveloppe forfaitaire traditionnelle pour renflouer le
budget de la royauté (ça transpire le racket à
fond la caisse, bravo !)…
Merde, je baille déjà…
Ma femme surenchérit sur le fait que mon choix télévisuel
ne lui semble pas des plus appropriés en ce lundi soir de
novembre où le froid s’annonce (pas dans mon couple,
je vous rassure). Extrait : "T’es sûr, sûr,
mais alors sûr sûr sûr de vouloir regarder ça
? J’suis vraiment pas sûr sûr sûr d’accrocher
!"
Devant tant de scepticisme, j’avoue, je m’interroge
et commence à partager…
5 minutes plus tard, je crois m’être endormi (euh oui,
ma chérie confirme)…
La première confrontation entre Jeanne Moreau (Mahaut d’Artois)
et Philippe Torreton (Robert d’Artois, son neveu), dans une
salle d’un château tout aussi humide que celle de la
première scène, ressemble à une pièce
de théâtre subventionnée par la Mairie de Créteil
dans le cadre des 20e rencontres d’art lyrique du Moyen Age
de la MJC de Créteil, ça tombe bien…
10e minute, je craque. L’apparition de Jean-Claude Brialy
qui offre au Roi deux lévriers de la part du comte de Lombardie
me conforte dans ma somnolence naissante…
Je zappe donc sur On refait le match sur LCI, libre de tout mouvement
de zapette même pour du foot, dans la mesure où ma
femme a également succombé à l’attaque
du marchand de sable…
Il me restait 4 épisodes et 1h40 du premier des Rois Maudits
à voir, mais non, finalement non, définitivement non
: je n’ai pas pu me résoudre à poursuivre l’aventure
de la famille d’Artois.
Finalement, ma vision du moyen âge s’arrêtera
à Kamelott et à Merlin l’Enchanteur. "Chroniqueur
télé" ne rime donc définitivement pas
avec "Historiquement cultivé".
A la prochaine, dans l’ère moderne. Je m’en vais
réveiller ma belle au bois dormant.
Esteban R.
© Jowebzine.com - Novembre 2005
A voir : sur Internet, c’est moins chiant, il parle pas :
les-rois-maudits.france2.fr
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