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     Vu à La TéLé
 
SIX FEET UNDER
Dernier acte sur Jimmy
La 5e et dernière saison de Six Feet Under est enfin arrivée sur Canal Jimmy dimanche dernier. Culte, sombre, psychologiquement violente, cette série est considérée par beaucoup comme l’un des fleurons de la télé moderne. Au-delà du nom (six pieds sous terre, en français), des scènes d’introduction singulières (la description d’une mort stupide) et d’un générique saisissant, c’est avant tout la complexité des personnages (six sous-couches de personnalités enfouies en chacun d’entre eux) et le choix du sujet principal qui donne toute sa saveur à cette perle venue d’HBO. Ne fallait-il pas être un brin décalé du cerveau pour narrer en plus de soixante épisodes la vie tracassée d’une famille… de croque-morts des temps modernes, j’ai nommé les Fisher.

Dans la famille Fisher je demande…

  

Le fils aîné : Nate. Personnage principal de la série, Nath est un beau mec compliqué grave et qui a une vie grave compliquée. Au démarrage de la série (la saison 1, donc) Nate est obligé de revenir à Los Angeles (où habite les Fisher, donc) et reprendre la petite entreprise familiale, à savoir la maison funéraire, après le décès de son père (la mort déjà d’entrée, donc). Au fur et à mesure des saisons, les scénaristes font de ce pauvre garçon leur bouc émissaire. Pour commencer, sa première copine (Brenda) est la championne olympique des nymphomanes, mais alors médaille d’or toute catégorie (Slip déchiré, tous lieux, n’importe qui…). Bon, si elle était folle de la culotte avec lui seulement, ça irait, mais vous m’avez compris, elle se tape tout ce qui bouge pendant près de 2 saisons. Et lui, pauvre con, ne voit rien, et vas-y que je m’accroche à ma Brenda, et non ma Brenda ne me trompe pas, et vas-y qu’il est bien malheureux quand il s’en aperçoit… et oui ça fait mal, mais t’avais qu’à ouvrir les yeux Nate (oui, Nate c’est comme un bon copain) ! Puis vient le temps où il se retrouve papa, c’est beau… Mais oui, mais non, car la mère de la petite est sauvagement assassinée par son beau-frère comme on l’apprendra à la fin de la saison 4… Laisse tomber la vie de merde que tu souhaites même pas à ton meilleur ennemi !



Le second fils : David. Seriez-vous très à l’aise dans votre peau et dans votre vie si vous deviez assumer quotidiennement le fait d’être homosexuel pacsé à un noir policier, que votre travail consiste à soutenir des familles qui viennent de perdre un proche et accessoirement de devoir préparer pour l’au-delà le proche en question, en bref assumer une vie de croque-mort homosexuel... Bah oui pas simple. Et bien David vit ça tous les jours. Forcément notre ami est un tantinet traumatisé par son existence. Et lui aussi, il lui en arrive des trucs… ohlalala !



La fille : Claire. Vous commencez à me comprendre, aucun personnage n’est très simple, et bien Claire l’est encore moins que les autres, c’est dire comme elle est compliquée la petite chérie. Une vingtaine d’années au compteur et déjà un avortement, des tromperies, des drogues, de l’angoisse, une vie d’artiste picturale qui n’aide pas, des expériences homosexuelles également, des trahisons en tout genre, sa seule chance se résume au fait de ne pas travailler avec ses frères dans la petite entreprise familiale de pompes funèbres, mais ça s’arrête là.



La mère : Ruth. Rien que le prénom est un handicap de vie. Notre maman Fisher alterne les moments de joies d’adolescentes sur le retour mais aussi et surtout les temps forts de doute, une vie de femme passée à nettoyer sa grande maison au côté de son mari besogneux. Elle s’emballe puis flanche, elle tombe amoureuse puis se renferme, elle porte sa croix, sa vie. Bon pas gai tout ça mais elle peut s’avérer très rigolote, bon c’est vrai c’est rare. Elle rencontre puis épouse un nouvel homme que l’on croit stable et solide dans la saison 3, un prénommé Georges, elle tient le bon bout se dit-on, et puis non, la roue tourne encore dans le mauvais sens, Georges est plus grave que jamais, décidément, mais ils le font exprès ou quoi les scénaristes ! (euh oui, c’est vrai, c’est une série, désolé, je m’emballe…).



La pièce rapportée : Rico. "Petit Portoricain, bien intégré quasiment un Fisher né,
dans mon funérarium tout de verre et d’acier…", Renaud aurait pu trouver une variante similaire pour notre ami Rico. Les premières saisons notre jeune associé des Fisher, ancien apprenti du père de famille, est relativement épargné par la série. Heureusement, sinon ça ne serait pas drôle, notre jeune camarade en prend plein la tête lors de la saison 4. Il trompe sa femme, se retrouve à la porte, s’entiche d’une strip-teaseuse siliconée mère de famille, ne voit plus ses deux fils, bref pour Six Feet Under, enfin la routine pour Rico…

Je passe sur les galeries de portraits des très torturés frère (Billy, artiste cramé de la tête) et mère (nympho encore plus grave que sa fille) de Brenda, de la famille finalement assez diabolique de Lisa (femme assassinée de Nath), des petits copains de Claire un peu fusillés des neurones et autres personnages qui viennent rythmer cette série.

Quoi, je vous ai fait peur, les Fisher sont trop graves ? Laissez vous tenter ! Six Feet Under est un pur délice ! Pas convaincu ? Mais je vous dis que c’est exceptionnel ! Bon, rendez-vous dimanche à 22h40 sur Jimmy pour la dernière saison et on en reparle après, d’accord ?


Esteban R.
© Jowebzine.com - Février 2006



Les sites
L’officiel en français : www.sixfeetunder-france.com
L’officiel en anglais : www.hbo.com/sixfeetunder
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