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     Vu à La TéLé
 
VIVE LE SPORT
Chronique du 14 octobre 2003
VIVE LE SPORT
Il y a des week-ends comme ça où il faut assurer si on veut être à la hauteur. Le sport, c’est dur, mais ça procure des sensations incomparables, surtout au plus haut niveau !



Ça a tout de suite sauté aux yeux de mes collègues, ce lundi matin : j’avais les joues creusées, des cernes comme des valises et une démarche mal assurée. Il faut dire que quand on fait du sport, il y a des week-ends particulièrement éprouvants et, dans le genre, celui-ci avait été gratiné. Jugez plutôt !

Samedi. Lever à 6h00 pour avoir le temps d’avaler un thé et une biscotte avant le coup d’envoi du premier match du jour à 6h30 : Nouvelle-Zélande – Italie (70-7). Il faut dire qu’avec le début de la Coupe du monde de Rugby en Australie, le décalage horaire fait des ravages. A peine le coup de sifflet final a-t-il retenti qu’il faut se précipiter sous la douche. En effet, une heure à peine sépare ce premier match du Irlande - Roumanie (45-17) à suivre, auquel s’enchaînera sans temps mort, ou presque, la grosse affiche du jour : France - Fidji (61-18) !

Heureusement, l’entraînement rigoureux que je poursuis avec assiduité depuis des années porte ses fruits, et cette première demi-journée se déroule sans accroc majeur même si l’entame du 3e match a été un peu laborieuse (début de déshydratation).

Mais il ne faut surtout pas s’enflammer puisque le plus difficile de la journée reste à faire : aller au Stade de France pour assister au dernier match de qualification des Bleus pour l’Euro 2004 (c’est du foot) : France - Israël. Tenue adéquate, voiture puis RER, ravitaillement au McDo local et en route pour la tribune Nord, rang 11, place 3, juste sous le maillot géant déployé par les supporters de l’équipe de France. On chante, on fait la « ola » (très physique), et un, et deux et trois zéro : emballez c’est pesé ! Il ne reste plus qu’à rentrer vite se coucher parce que dimanche s’annonce au moins aussi éprouvant !

Plus éprouvant devrai-je dire puisqu’à Suzuka (Japon), c’est à 7h30 que les feux passent au vert, libérant les bolides bien décidés à en découdre pour permettre (ou empêcher) Michael Schumacher de gagner son sixième titre de champion du monde (c’est de la Formule 1). Après 53 tours de 5,821 km, le dragon rouge finit quand même par perdre la course… et être sacré champion ! Je suis un peu étourdi (ça tourne sans arrêt dans le même sens, leurs circuits) mais soulagé d’en avoir fini avec les sports mécaniques. Je suis plutôt un sportif de ballon, moi.

Du coup, je suis assez content de revoir une pelouse australienne dès 10h00 pour un Pays de Galles - Canada (41-10) prometteur, mais dont la deuxième mi-temps sera entrecoupée par un zapping frénétique pour découvrir enfin, sur TF1, les trois buts français de la veille que Henry, Trézéguet et Boumsong ont eu le mauvais goût de marquer dans le but israélien situé du côté de la tribune Sud… quand j’étais assis, à 150 m de là, dans la tribune Nord !

Miracle des programmes, le générique de fin de Télé Foot démarre au moment précis ou l’arbitre siffle le coup d’envoi du deuxième match de rugby de la journée (mon cinquième depuis la veille) : Ecosse - Japon (32-11). Pas mal d’ailleurs les Japonais qui, malheureusement, finissent par craquer dans le dernier quart d’heure.

Ouf. J’ai plus d’une heure devant moi pour passer sous la douche et me ravitailler avant que France 3 ne me transporte à La Havane pour un résumé (1h30) des championnats du monde d’escrime.

France, Australie, Japon, Cuba… J’avoue qu’à ce moment précis de la journée j’ai connu comme un gros coup de fatigue. Perte de toute notion de lieu et de temps, début de crampes, engourdissement de la fesse droite, c’est vrai : là, j’en ai vraiment bavé, j’ai même envisagé d’abandonner. Et puis j’ai repensé à ma famille, à mes supporters, à tous ceux qui m’avaient aidé pour me permettre d’atteindre ce niveau. Pour eux j’ai décidé de ne rien lâcher, d’aller au bout !

Alors, n’écoutant que mon courage, j’ai appuyé sur la touche 2 de ma télécommande : cap sur Hamilton (Canada) pour cinq (!) heures de cyclisme en direct commentées par Bernard Thévenet et Christian Prudhomme ! Et pas n’importe quelle course : le… eh oui, comment vous avez deviné ? Le Championnat du Monde de Cyclisme sur route. 260,4 km sur des autoroutes canadiennes de 100 m de large, avec des côtes et des descentes, des échappés et des rattrapés, des virages à gauche et des virages à droite, enfin que des trucs palpitants qui font vibrer. Résultat ? Un vainqueur espagnol dont personne n’a jamais entendu parler (Igor Astarloa) mais qui a été assez malin pour attendre la dernière côte pour s’échapper !

Voilà, il est 22h00, avec mes yeux rouges, je ressemble plus à un lapin albinos qu’à un chroniqueur de Jowebzine.com, mais je suis fier de mon exploit. Ce que j’ai fait, aucun sportif ne l’aurait fait. Pourtant, à mon âge, il est temps que je lève le pied. Je laisse ça aux plus jeunes, la relève est là. Moi, le week-end prochain, je remets mes chaussures de sport et à moi le footing dans les bois et la partie de tennis, cool…


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Octobre 2003
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