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     Vu à La TéLé
 
LA TRILOGIE STAR’AC
Episode 1 - Les candidats :
l’attaque des clones !

Chronique du 18 octobre 2005
Durant plusieurs siècles, l’humanité n’avait que quelques rendez-vous annuels et récurrents. Au programme de chaque année, nous avions Noël, la Toussaint, Pâque, la fête nationale depuis 1789 et ça ne bougeait pas… Oui mais voilà, l’empire TF1 a décidé, il y a 5 ans, de bouleverser les habitudes de notre belle patrie en créant, peur de rien, un nouveau rendez-vous annuel et récurrent… la Star’ac. Je m’étais promis de ne jamais chroniquer sur le phénomène Star’ac, mais là j’ai craqué et vous propose dès aujourd’hui une trilogie de chroniques… J’ai pas pu résister !

Le candidat Star’ac, élevé aux hormones cathodiques !

Depuis 2001, à l’occasion des cinq castings de la Star’ac, nos jeunes vedettes potentielles ont toutes rêvé de : Rentrer dans le château de Dammarie-les-lys, pouvoir dire "Ouahh j’suis trop tranquille avec la nouvelle choré" à moitié à poil dans une salle de bain pour huit où se cache une caméra derrière le gobelet en plastique, devenir Jennifer mais en mieux et en blonde, rencontrer Gérard Louvin, prendre un air supérieur en chantant du Nicoletta, bouger et danser en évitant de passer pour une burne ridée flottant dans un caleçon trop large ou encore de rentrer en studio drivé par un top producteur-manager d’Universal qui sort sa grosse baguette magique (comprenez ce que vous voulez) pour te faire connaître les professionnels de la profession.

Au début, tout n’est donc que rêve mais, attention, être candidat de la Star’ac exige de faire des sacrifices.

Premièrement, il convient d’avoir un look Star’ac
Pour les filles comme pour les jeunes mâles, depuis cinq générations, il est nécessaire d’avoir un vrai profil de fashion victime. Que l’on vienne de Paris, de Metz ou de Saint Martin en Rigoursin sur Ardèche, le candidat achète les mêmes fringues dans les mêmes magasins et va chez le même coiffeur, en demandant, par exemple, une coupe cheveux longs, léger balayage de mèches colorées avec frange dans les yeux façon Polux pour les filles ou cheveux courts avec crête de coq sur son tas de fumier pour les garçons. Même quand on est grosse et moche, pas de chance, il faut rentrer dans du 36 et se coiffer comme Alf… forcément ça n’aide pas.



Deuxièmement, il faut parler le Star’ac langage
Bien sûr, le candidat Star’ac est censé parler français, c’est même, normalement, sa langue maternelle. Mais lorsqu’il rentre dans le château, il n’y a pas trente-six solutions pour s’intégrer, il faut parler la langue du pays, le Star’ac langage. Que l’on s’appelle John, Kim, Kevin, Maud, Adrien, Max, Jean-Luc, Mario, Georges-Alain ou Houcine, on n’a pas le choix : il faut savoir dire, au moins à la base, "La choré de Kamel est trop hard", "J’me sens top bof pour le prime de ce week", "Rafie m’a trop donné la rage de me déchirer lors des évaluations" ou encore "Putain y’a plus rien dans le frigo, j’avais trop la dalle, fais chier à force cette émission de merde ! ". Et oui, il arrive, à l’image de cette dernière phrase, que l’on comprenne ce que veut dire le Star’académicien.

Troisièmement, il faut avoir la Star’ac attitude
On ne devient pas Star’académicien. Pour être candidat il faut être né avec la Star’ac attitude dans le sang. En quoi la Star’ac attitude consiste-t-elle, me direz-vous ? Il faut d’abord être un écorché vif de la vie (tout du moins faire semblant), vouloir tout bouffer (tout du moins faire comme si), vouloir devenir une véritable égérie des adolescentes boutonneuses et complexées (parfois même se forcer). Il faut se rebeller quand un prof vous dit "T’es pas prêt pour la scène", être toujours sur les nerfs comme une vraie star, sourire version Colgate total à longueur de temps, pleurer au moins trois fois par jour pour montrer à la France entière que vous n’êtes pas une machine à faire rêver les gens mais que vous aussi vous êtes un être humain, voire un être humaine si vous êtes une fille. Ne pas hésiter à ne pas se lever pour sécher un cours car faut pas exagérer après deux mois de Star’ac. Et enfin, le plus important, accepter de chanter gratuitement pour Endemol et Universal et ne pas de soucier d’être n°1 du Top 50 sans toucher une tune…

Bref, être un clone… euh pardon… être un candidat de la Star’ac, c’est vraiment trop cool ! Mais être prof ou présentateur de la Star’ac, c’est bien ? réponse la semaine prochaine.


Esteban R.
© Jowebzine.com - Octobre 2005
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