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     Vu à La TéLé
 
LES TALIBAN PASSENT A LA TÉLÉ
 Chronique du 27 novembre 2001
Dans le cadre d’une chronique intitulée VU à la télé, il y a un sujet incontournable ces temps-ci : les taliban (sans "s", taliban étant déjà le pluriel de taleb. Mais qu’est-ce qu’on vous apprend dans les écoles non-coraniques !?).

Bon, le problème c’est que notre ami taliban (c’est une expression, ne prenez pas tout ce que j’écris au pied de la lettre) n’aime pas beaucoup la télé ni faire rire sur son dos (déjà fort chargé, vu que les Américains y sont déjà, sur son dos). Du coup, tu écris ta chronique le samedi et tu n’es pas sûr de pouvoir la lire le lundi sur le site Jo W... (houps ! Restons discret, évitons de nous faire repérer). C’est que le taliban, du fond de sa grotte du côté de Kandahar, dispose du matériel nécessaire pour te repérer où que tu sois : de vraies oreilles de Moscou (dont ils ont conservé un stock conséquent, paraît-il !). Et, ni une ni deux (ni trois zé-ro), tu reçois illico un courrier à ton domicile, rempli de poudre. Tu ouvres l’enveloppe et… Pashtoun ! "A tes souhaits !". Hop, anthraxé le Raoul ! Obligé d’appeler les pompiers et la police avant de découvrir que c’est tout simplement ton voisin de pallier qui n’a pas supporté que tu écoutes l’hommage à Brassens de la scène rock française à fond sur ta chaîne (joke à destination des fidèles qui étaient déjà là la semaine dernière).

Mais bon, en ce moment on ne le voit pas beaucoup à la télé le taliban (mon voisin de pallier non plus, d’ailleurs) et OBL (cf. photo ci-dessus) encore moins. En effet, depuis le début du conflit il joue à cache-cache avec les Américains qui, eux-mêmes, jouent à cash-cash avec d’éventuels et hypothétiques indics. Il n’y a d’ailleurs plus que cette triviale poursuite qui réussisse à nous passionner, mis à part, peut-être, le défilé des véhicules de transports de troupes (on se croirait au salon du 4x4 et du pick-up).

Et si par miracle il arrivait à s’échapper, OBL, en exil il lui serait difficile de mener une vie normale. A part remplacer le père Foura à Fort Omar (heu, Boyard !) on ne voit pas très bien ce qui pourrait le rendre invisible.

Mais que de mal ils se donnent les Américains pour retrouver un homme qu’ils avaient sous la main, voir sous leurs ordres dans un passé récent. Ah, qu’il était sympa Oussama du temps où il cassait du coco pour le compte de la CIA. Un vrai GI Joe (Gentil Islamiste) propre sur lui, pas rasé de près, très sophistiqué, surtout au niveau de son armement.

Mais quelle grenouille de bénitier à bien pu le piquer pour qu’il en veuille ainsi à la terre américaine entière ?
Une absence de mode d’emploi dans l’une des caisses d’armes livrées par les occidentaux ? Mais bon, ça arrive aussi quand tu achètes un meuble TV en kit chez Brico-Casto et ce n’est par pour autant que tu en veux à la terre entière (quoi que !). Finalement ce n’est peut être vraiment qu’une histoire de religion… Qui sait ?

Mais comme le disait MC Omar dans l’une de ses nombreuses jihad : "Les temps changent". Et voilà l’arroseur arrosé et vraiment bien arrosé au kérosène. Mais ce n’est pas terminé pour les Américains, surtout avec l’Alliance du Nord qui se sent, elle aussi, une âme d’arroseur. Ne le prend pas mal, ami américain (c’est toujours une expression…), c’est une marque de reconnaissance et surtout de pudeur.

Malheureusement, malgré les efforts de l’ONU, l’Afghanistan est en train de devenir un bateau ivre sans alcool, à la dérive, à bord duquel l’on a envie de crier "Les Femmes et les enfants d’abord !".


Alain Piriou
© Jowebzine.com - Novembre 2001
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