TOP
50 SUR MCM Le plus beau gadin de la semaine !
Chronique du 4 octobre 2005
Près
de 20 ans après son arrivée sur nos petits écrans,
le Top 50 s’est offert une seconde jeunesse en migrant
sur MCM il y a 3 ans. Même méthode (un classement),
même sauce (des clips), même soupe (une top animation)…
mais la boîte à musique sent le renfermé.
Dommage… Marc Toesca, reviens !
Lorsque le vendredi soir s’annonce et le Top 50 avec,
la tradition primaire et hebdomadaire revient au galop et tous
nos membres en frétillent d’avance. Yes ! On va
pouvoir dormir le samedi matin, prendre son temps, changer de
slip, se brosser les dents, ne pas se raser, déambuler
dans les allées surchauffées et bondées
des centres commerciaux pour craquer le peu de pépettes
qu’il nous reste… La fête entre copains du
samedi soir se dessine. Ah ! Pouvoir manger n’importe
comment et boire comme des punks sans qu’une voix perverse
nous assène : "Mais comment j’ai fait pour
boire tout ça, pfff, il est 2 heures du mat’, je
vais jamais réussir à aller bosser demain…".
Dans notre vieux temps (les années 80), nos cerveaux
de pré-adolescents ne pensaient pas encore à l’ivresse
du week-end, mais se délectaient déjà de
découvrir, dès le samedi soir, le nouvel arrivage
du Top 50.
C’est en 1984 (début de Canal +) que le billboard
français voit le jour sous sa forme actuelle. Les quelques
têtes blondes élevées à la variété
se ralliaient alors à la cause du 45 tours qui hurlait
sa douleur et crachouillait parfois en découvrant les
N°1 de l’époque. Les N°1 des N°1 (donc
le tout premier N°1 du top 50, pour ceux qui n’avaient
pas compris, vous êtes pas toujours très futé
quand même…) furent Peter et Sloane. Deux chanteurs
apparentés à la race des pintadeaux en chaleur
et en veste en sky, entonnaient langoureusement l’ultra-hit
"Besoin de rien", envie de toi, dont je vous propose
de chanter tous ensemble le refrain ! Trop contents vous êtes,
moi aussi je suis. Vous êtes prêt ? c’est
parti, 1,2, 3 :
"Besoin de rien, envie de toi
Comme jamais envie de personne
Tu vois le jour
C'est à l'amour qu'il ressemble
Besoin de rien, envie de toi
Comme le rouge aime l'automne
Tu sais l'amour
C'est à Vérone qu'il ressemble
Besoin de rien, envie de toi
Envie de toi".
Et oui, Vérone c’est un peu le Evreux italien,
et pourtant tout de suite c’est l’amour que ça
nous évoque profondément. Ah ça, oui alors…
Mais au-delà des chansons à texte et de l’effet
"développement de la puberté", le Top
50 était aussi, et surtout, symbolisé par un dénommé
Marc Toesca qui a marqué une génération
de son très fameux "Salut les p’tits clous",
à 19h30 tous les samedis des eighties. Le cher Marco
s’en est allé (il n’est mort que cathodiquement
parlant, je vous rassure) et l’âme du Top 50 en
a pris un coup dans l’aile.
En effet, bien des années plus tard et c’est toujours
le cas, MCM (Ma Chaîne Musicale du Groupe Lagardère)
a repris le vieux top et l’a remis au goût du jour.
La très jolie Ness avait présenté la première
saison et une jolie Sabine avait repris le flambeau. Nos deux
jolies jeunes filles devaient, malgré tout, être
entourées d’une petite bande de snipers (auteurs
de texte rigolo pour la télé ou la radio dans
le jargon des initiés) pour avoir des lancements souvent
drôles. Mais on sentait déjà que notre Top
50 n’était plus le même. Cette année,
deux louveteaux lobotomisés prénommés Olia
et Adrien présentent le saint des saints. A ce niveau
de présentation, on peut légitimement avoir de
la peine et se poser quelques questions sur leur embauche à
l’été dernier : réduction salariale
? Diminution des effectifs ? Pari foireux de deux producteurs
un soir de cuite ? Décret gouvernemental obligeant MCM
à faire présenter le Top 50 par des trisomiques
? I don’t know et eux non plus je pense.
Néanmoins les (bonnes) recettes persistent et signent.
Il y a toujours les entrées de la semaine, la meilleure
entrée de la semaine, les gadins, le plus beau gadin
de la semaine, les progressions, la meilleure progression de
la semaine et l’éternelle question qui, a priori,
ne lasse personne : "Le N°1 de la semaine dernière
est-il toujours N°1 cette semaine ? Attention jingle !".
Ce qui ne change pas non plus c’est le niveau des singles
(pour nos amis martiens fraîchement débarqués,
le CD a remplacé le 45 tours et on ne dit plus face A
mais single…). Nos parents avaient pris l’habitude
de nous dire : "Mais qu’est-ce c’est que cette
musique de naze, coupe moi cette télé !",
en passant devant le clip de Benny B. Ma fille me réclame
le Top 50 tous les vendredi soir et je dois avouer que, au bout
d’une heure, je fatigue un peu. En effet, après
avoir mangé les 3 tubes obligatoires de la Star’Ac
5, les deux de la Star’Ac 4, celui de la gagnante de la
Star’Ac 1, le titre de Lorie, le rythme limite ska de
la jeune Ilona et un zest de niaiserie d’Amel Bent…
oui, je craque un peu. Un peu beaucoup, même !
Malgré tout, de vous à moi, chers amis, à
ce rythme-là, ce qui me rassure, c’est que ma fille,
dans trente ans, écrira dans Jowebzine qu’elle
comprenait son père et ses réflexions débiles
lorsqu’il critiquait le Top 50 qui, aujourd’hui,
en 2033, ne vaut vraiment plus rien depuis qu’il est présenté
par Kévin Delarue, le fils de Jean-Luc.