Fan
du plus tout jeune Georges Clooney, fan du docteur Carter, fan d’Abby,
fan de Kovac, fan de l’hôpital du dimanche soir qui empêche
d’avoir un peu moins le blues du taf du lendemain ? Bah oui,
mais voilà, quand un Prison break de la chronique précédente
vous emporte loin, vous fait frémir, il y a des séries
qui marquent l’arrêt, vous disent stop, vous donnent envie
de dire : "Ouais bon, ça va, on a compris, c’est
bon maintenant !"
Plein la seringue !
Voilà maintenant 12 ans, ou presque, que nos amis du Cook County
soignent, se déchirent, passent, meurent, vivent, s’aventurent,
se joignent, se font, se défont, soignent encore, sauvent,
mettent 12 milligrammes de CC (et on ne sait toujours pas ce que cela
signifie)…
… Chargent, reculent, chargent, envoient la charge, n’écoutent
pas les Strokes (comme moi en ce moment), se livrent à l’autre,
connaissent des hauts, connaissent des bas, soignent encore et encore,
aiment, détestent, sauvent, sauvent encore, foirent le geste,
sont internes…
… Puis externes, puis titulaires, puis s’en vont, puis
consolent la patiente atteinte d’un mal incurable, n’écoutent
toujours pas les Strokes (comme moi encore), puis partent, puis arrivent,
puis une nouvelle aventure commence, passent des perf’ de siconlantamine
(cherchez pas, ça n’existe pas) en espérant ne
pas rater l’intubation, parce que sinon c’est la mort
assurée, attendent sous la neige l’arrivée du
prochain accident de voiture…
… S’inquiètent pour les anciens de la série
en sachant pertinemment qu’ils ne reviendront pas (Georges Clooney
a un peu autre chose à faire maintenant, faut pas être
bête, non mais qu’ils sont cons des fois, j’te jure),
se demandent encore s’ils sont amoureux alors que c’est
évident, bah oui, t’as beau être dur avec un papillon,
il ne te lâche pas comme ça le papillon, tu regrettes,
t’as mal tout un week-end mais t’es love grave quand même,
on nous la fait pas…
… Qu’ils prennent un malin plaisir à te montrer
un gamin de 8 ans entre deux salles d’opération et "qu’on
est même pas sûrs, ma bonne dame, qu’il s’en
sorte le petit et que seul moyen dans son cas serait la greffe de
moelle osseuse, mais y’a pas de donneur avant 25 jours, faudra
repasser ma bonne dame", mais que finalement un docteur de passage
(jamais vu) se pointe à la fin de l’épisode avec
une idée géniale, un vrai McGyver de la chirurgie infantile,
qui sans trop savoir pourquoi a la putain d’inspiration qui
permet de sauver le gamin…
… Dimanche soir, 22h30, on part soulagé que le gamin
puisse être sauvé.
Oui mais voilà, on nous a fait pleurer, rire, ému, bluffé,
transcendé, fait rêver, soigné de notre dimanche
soir… pendant 11 ans, mais là… ça ne passe
plus.
Grey’s anatomy te fait rire, plus Urgences. Prison Break t’emporte,
plus Urgences. Les Experts t’accrochent, plus Urgences. The
Shield te glace, plus Urgences. 24 t’emballe, plus Urgences.
Les Sopranos te surprennent, plus Urgences. Desperate Housewife te
sort de ton quotidien en te projetant dans celui des autres, plus
Urgences. Bref, t’en a marre et t’as raison…
Urgences est un peu mort, tournons la page, tant pis pour les dimanche
soir, on trouvera un autre os télévisuel à ronger…
et vous pouvez toujours écoutez les Strokes (c’est quand
même vachement bien les Strokes, pourquoi ils écoutent
pas les Strokes dans Urgences !?).